mercredi 3 juin 2015

Où allez-vous Mme Merkel ?


Le 21 octobre 2014 je posais la question : “Où allons-nous Mme. Merkel ?” Le ton de cet article n’a évidemment rien à voir avec le fait qu’elle ne m’ait pas répondu. Je lui en veux d’autant moins qu’elle ne connaît peut-être pas la réponse.
Le monde occidental est très hiérarchisé et les chefs « exceptionnels » ne donnent à leurs exécutants que le minimum d’informations dont ils ont besoin pour remplir leur mission. Car à l’évidence, Mme Merkel, comme ses collègues européens, est en service commandé.
Me refusant à mettre en doute son fonctionnement intellectuel, je ne peux qu’en venir à cette conclusion quand je lis dans un quotidien allemand qu’elle aurait dit que : « la réunification de la Crimée avec la Russie, l'activité de l'EI, la propagation des infections et le changement climatique (en) font partie » des dangers  qui menacent la communauté international. N’oublions toutefois pas, au passage, que dans la langue occidentale, « communauté international » désigne les bassin atlantique.
A-t-elle bien compris les instruction ? J’ai eu un léger doute en réalisant qui était responsable de la plupart de ces dangers.
La réunification de la Crimée avec la Russie ? C’est le résultat du coup d’état orchestré par les Etats-Unis et leurs supplétifs européens. On notera que tout s’est passé suivant la volonté de la population[1] et sans qu’un coup de feu ne soit tiré[2]. Voilà un danger dont je m’accommoderais, s’il n’était transformé en prétexte par les Occidentaux.
L’activité de l’EI ? Mais qui a créé les conditions de son développement, qui a participé à l’armement et au financement de l’EI ? Suivez mon regard, il va vers l’Ouest, pas vers l’Est.
Pour le changement climatique, on ne peut pas dire que les Etats-Unis soient en pointe sur le sujet. D’ailleurs, en Amérique du Nord, les Etats-Unis ont signé le protocole de Kyoto, mais n’ont pas ratifié l’accord, alors que le Canada, lui n’a même pas signé.
Reste la propagation des infections. Je ne crois pas que la chancelière pensait à l’épidémie qui a frappé les dirigeants américains et dont les symptômes principaux sont un ralentissement de l’activité intellectuelle qui empêche d’avoir une vue d’ensemble des problèmes, pour certains des malades un comportement schizophrénique, et une très forte allergie à tout ce qui vient de Russie.
Mais peut-être n’était-ce pas ce que Mme. Merkel sous-entendait. Etant donné le peu de sens de l’humour de M. Obama sur ce sujet, je pencherais pour cette option. Mais alors où va-t-on ? Chacun sait que la Russie n’acceptera jamais un retour du la Crimée dans le giron ukrainien. Poser cela comme condition ne peut-il pas vouloir dire que l’on n’attend rien de futures négociations après avoir fait une croix sur Minsk II ? Ceci est d’autant plus inquiétant si on considère les déclarations de M. Steinmeier à propos de la liste noire du Kremlin : « À un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au cœur de l’Europe, cela n’aide pas ». Voir mon commentaire dans le billet précédent.


[1] Si vous en doutez, allez donc voir l’article de « Forbes » à l’adresse : http://www.forbes.com/sites/kenrapoza/2015/03/20/one-year-after-russia-annexed-crimea-locals-prefer-moscow-to-kiev/
[2] A comparer avec les 78 jours de bombardement de la Yougoslavie pendant la guerre qui a mené à l’indépendance du Kosovo.

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